Le statut de pisseux au XXI siècle

Dans notre société dite patriarcale l’homme est au sommet de cette hiérarchie suivi de la femme et enfin des enfants. Le Pisseux ne peut se définir appartenant à l’une ou l’autre de ces castes. En effet, excepté le Bébé qui à une position privilégiée, un pisseux doit encore porter des couches bien qu’il soit censé avoir acquis la propreté. C’est ce qui différencie l’enfant, du Bébé. L’enfant a déjà gagné sa première victoire et bien qu’il ne soit pas encore adulte, cet apprentissage lui octroie le droit à un peu plus d’intimité ainsi qu’une première forme d’émancipation. Fini les couches, le talc et les matins humides et place aux premières culottes de grand. De façon générale, cette propreté est bien souvent objet de fierté autant chez les enfants que chez leurs parents. Elle peut aussi être source d’inquiétude lorsque l’enfant tarde à quitter ses couches et mouille encore son lit. Devenir propre (et par extension le rester) est une norme établie et obligatoire. Passé 4 ans, les retardataires sont bien souvent l’objet de moqueries et de réprimandes. Si les parents peuvent parfois être compréhensifs, les enfants entre eux ne se font pas de cadeau. Je devais avoir 8 ou 10 ans et l’un des enfants du quartier (un petit parisien en vacances chez ses grands parents) faisait encore pipi au lit. Sa grand mère aux méthodes éducatives humiliantes faisait sécher ses culottes plastiques, ainsi que le drap bien maculé de la veille à la vue de tous. Il devait avoir 9 ou 10 ans je pense. Tous les gamins du quartier se moquaient de lui et le pauvre tentait désespérément de se justifier les larmes aux yeux en vociférant que c’était son petit frère qui faisait encore pipi au lit. Un petit frère qu’il avait inventé mais qui n’avait jamais existé. La propreté est donc inconsciemment l’acte 1 scène 1 vers le monde adulte. Une fois la propreté acquise, l’enfant à le droit à l’intimité et développe une forme de pudeur. C’est aussi une suite logique : une fois propre, plus besoin d’être changé et plus de vérifications de l’état de la couche devant “les autres”. En effet pour un bébé, on ne se préoccupe pas de son intimité lors du change. On lui change sa couche lorsque c’est nécessaire, que ce soit en milieu clos ou bien en extérieur (plage, grande surface…). Bref, le droit à l’intimité est conséquence directe de l’apprentissage à la propreté. Fini aussi les réflexions inquisitrices des femmes entre elles lorsque qu’elles aperçoivent un sac à langer ou bien un paquet de couches dans le chariot du supermarché d’une de leur amie promenant son bambin qui devrait déjà être propre. Qu’on le veuille ou non, nous sommes tous conditionnés par la curiosité face à une situation qui sort de la norme. Ce principe est valable pour toute chose ou acte non conforme à ce que l’on considère “socialement normal”. A partir de 10 à 12 ans la sexualité s’éveille chez les enfants. Ceux qui mouillent encore la nuit développent un sentiment de culpabilité et aussi de plaisir mélangé. C’est le principe d’association honte /plaisir. Socialement parlant, la sexualité est aussi intimement liée au fait de savoir être propre la nuit (le jour aussi de surcroit). Le change complet et la culotte plastique étant des tenues propres aux bébés. Si l’enfant gagne son intimité par l’acquisition de la propreté, il va pouvoir par la suite développer progressivement sa sexualité. Ceci est d’autant plus vrai pour les garçons. Les filles conservent une part de maternel et il n’est pas rare ni socialement dérangeant que mademoiselle demeure une femme enfant. Cette particularité est sans doute liée inconsciemment au fait qu’elles auront un jour cette capacité de procréer.

Le statut du pisseux n’a à première vue rien d’enviable. Sa sexualité est au mieux solitaire mais il ne peut prétendre à des relations sexuelles normales avec des femmes. Cette frustration le conditionne peu à peu dans une forme de castration forcée. Ceux qui ont comme moi acquis la propreté et l’indépendance sexuelle et qui 40 ans plus tard deviennent incontinents voient leur statut social d’homme voler en éclat. C’est un peu comme si on vous retirait votre carte officielle d’adulte. Fini alors la vie que vous avez connu et place à de nouvelles règles et à la résignation face à votre nouveau statut. S’habituer peu à peu à ne plus être considéré comme un homme. Le regard des femmes (certainement le plus humiliant) change alors à votre égard. Au mieux elles développeront un sentiment d’empathie (leur coté maternel), au pire elles se moqueront de vous mais en aucune manière vous ne provoquerez chez elle une quelconque forme d’intérêt sexuel. Ce changement est lent et progressif donc indécelable au premier abord. C’est l’acceptation de ce nouveau statut qui, au fur et à mesure du temps, modifie votre comportement sans que vous ne puissiez le percevoir. Ce conditionnement progressif transparait ensuite dans vos attitudes, vos tenues sans oublier l’odeur corporelle. Indépendamment de l’hygiène quotidienne, votre odeur corporelle change imprégnant les vêtements, la peau, les cheveux…C’est ce que j’ai compris assez récemment et que me confirme Nathy. Un mélange de douces fragrances infantiles vous suit au quotidien. Une odeur que les femmes détectent plus facilement que les hommes.
Dans notre société où la sexualité joue un rôle prépondérant, le pisseux est l’objet d’une castration quotidienne alimentée au jour le jour par des regards, des sourires, des moqueries de la part des hommes mais surtout des femmes. Des petits rien qui vont progressivement le conditionner vers une forme de soumission à l’autorité de la caste supérieure. Le désir sexuel envers la gente féminine va peu à peu se transformer en gène imperceptible mais profonde. Son rang social ne lui confère aucune autorité. Il devra accepter le regard des castes supérieures (hommes et femmes) y compris des enfants en âge de raison qui ont acquis la propreté.

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